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La Gazette d'Avignon, le Media préféré des habitants du grand Avignon

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La colline Sainte-Anne : les mystérieux vestiges militaires cachés au-dessus de Vedène

Le 01/10/2026

 

On y vient pour marcher, prendre l’air et profiter de la vue. Mais au sommet de la colline Sainte-Anne, derrière les pins et la végétation, se cachent des vestiges militaires qui racontent une histoire beaucoup moins connue de Vedène.

Il existe, à quelques kilomètres d’Avignon, des endroits que l’on croit connaître jusqu’au jour où l’on regarde enfin vraiment autour de soi.

La colline Sainte-Anne, à Vedène, est de ceux-là.

Pour beaucoup d'habitants, elle est avant tout un lieu de promenade. On monte tranquillement jusqu'à la chapelle Sainte-Anne, on profite du panorama sur la plaine, on traverse les espaces boisés et l'on redescend.

Mais pour celui qui prend le temps de s'écarter un peu du chemin, le décor change.

Dans la végétation apparaissent d'abord de grandes structures circulaires en béton. Puis, un peu plus loin, un imposant ouvrage bétonné apparaît derrière un grillage qui en interdit aujourd'hui l'accès.

Et soudain, la balade prend des airs d'enquête historique.

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Quatre cuves de défense antiaérienne

Les premières traces sont assez faciles à identifier.

Au sommet de la colline se trouvent quatre cuves en béton correspondant à une ancienne position de défense antiaérienne. Les recherches consacrées au site indiquent que cette batterie a été aménagée par l'armée française avant la Seconde Guerre mondiale. Les caractéristiques des ouvrages ont notamment été rapprochées de positions destinées à recevoir des pièces de 75 mm.

À l'époque, l'emplacement n'avait évidemment rien d'anodin.

Depuis le sommet de Sainte-Anne, le regard porte largement sur la plaine. Cette hauteur constituait donc un point d'observation intéressant et permettait de surveiller le ciel au-dessus de cette partie du Vaucluse.

Les quatre cuves témoignent ainsi d'une époque où la défense du territoire passait aussi par l'installation de batteries capables de combattre les avions ennemis.

Aujourd'hui, les canons ont disparu.

Le béton, lui, est resté.

Et puis il y a cet étrange bâtiment derrière le grillage…

Mais les cuves ne sont peut-être pas la partie la plus intrigante de la visite.

À proximité se trouve un autre ouvrage, beaucoup plus massif, aujourd'hui protégé par un grillage. Il ressemble immédiatement à ce que l'imaginaire collectif associe à un blockhaus : un bâtiment en béton épais, austère, fermé, presque dissimulé dans la végétation.

Impossible de ne pas se demander ce qu'il faisait là.

Était-il destiné au commandement de la batterie ? Aux transmissions ? Au stockage des munitions ? À la protection des servants ? Était-il lié directement aux positions de DCA ?

Et surtout : qui l'a construit ?

Les spécialistes ayant étudié la position ont pu identifier les cuves de DCA et plusieurs aménagements associés, mais la fonction exacte de certains ouvrages reste beaucoup moins évidente. L'organisation du site ne permet notamment pas d'identifier avec certitude un poste de commandement au milieu des quatre positions de tir.

Il serait donc tentant de baptiser cet ouvrage « le blockhaus allemand de Sainte-Anne ».

Mais l'histoire mérite davantage de prudence.

Français, puis peut-être Allemands ?

Les cuves de la batterie sont considérées comme françaises et antérieures à la Seconde Guerre mondiale.

La région connaît ensuite l'Occupation allemande et le développement de nombreuses installations militaires allemandes dans le sud de la France. À partir de 1942, l'armée allemande renforce considérablement son dispositif défensif méridional, notamment avec le système connu sous le nom de Südwall. Avignon et sa région occupent alors une place importante dans le dispositif militaire allemand.

Cela rend évidemment plausible l'hypothèse d'une utilisation ou d'une adaptation de certains ouvrages existants pendant l'Occupation.

Mais plausible ne veut pas dire prouvé.

C'est précisément pour cette raison que cet étrange bâtiment derrière son grillage mérite notre attention. Son architecture et son implantation racontent quelque chose, mais son histoire exacte semble encore demander à être documentée.

Et c'est peut-être ce qui le rend encore plus fascinant.

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Une histoire militaire cachée sous les pins

Ce qui frappe surtout, lorsqu'on découvre ces vestiges, c'est le contraste avec le paysage actuel.

Aujourd'hui, les enfants jouent, les promeneurs passent, les chiens se baladent et les habitants viennent chercher un peu de fraîcheur ou profiter du panorama.

Il est difficile d'imaginer qu'à cet endroit se trouvaient autrefois des installations militaires destinées à surveiller le ciel.

Les quatre cuves constituaient les positions de tir.

À proximité, des aménagements permettaient probablement d'assurer le fonctionnement de la batterie.

Et derrière le grillage, cet imposant ouvrage bétonné continue de poser des questions.

Le temps a effacé une grande partie des traces, mais pas toutes.

Une chapelle, une vue… et une page oubliée de l'histoire

La colline Sainte-Anne raconte d'ailleurs plusieurs siècles d'histoire en quelques centaines de mètres.

Au sommet se trouve la chapelle Sainte-Anne, dont la construction remonte à la fin du XVIe siècle. Elle aurait été édifiée en 1599 à l'initiative de Balthazar de Galéan, seigneur de Vedène.

Quelques siècles plus tard, la même colline accueillait une installation militaire destinée à la défense aérienne.

C'est cette superposition des époques qui rend la promenade aussi étonnante.

On peut commencer la balade par une chapelle vieille de plus de quatre siècles, admirer la vue sur le Grand Avignon et, quelques minutes plus tard, se retrouver devant des blocs de béton qui semblent tout droit sortis d'un autre monde.

 

La prochaine fois que vous monterez à Sainte-Anne, regardez donc un peu moins la chapelle… et un peu plus les alentours. Vous pourriez découvrir un morceau de la Seconde Guerre mondiale que vous aviez probablement traversé sans même le remarquer.

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Avignon, quand la ville vivait au rythme de ses cinémas

Le 18/09/2026

 

Avant les multiplexes et les immenses parkings, Avignon possédait de nombreuses salles de cinéma au cœur même de la ville. Pendant plusieurs générations, le Palace, le Capitole, le Paris, le Palladium, le Rio ou encore l'Eldorado ont accompagné la vie des Avignonnais. Certains ont disparu, d'autres ont changé de vocation, mais leurs adresses racontent encore une partie de l'histoire récente de la cité des Papes.

Aujourd'hui, aller au cinéma est devenu une habitude presque ordinaire. On consulte les horaires sur son téléphone, on choisit son film et l'on se rend dans un complexe où plusieurs salles permettent de multiplier les séances.

Il y a quelques décennies, l'expérience était très différente.

Le cinéma était alors installé au cœur de la ville. On allait voir un film après avoir fait ses courses, avant de dîner ou simplement parce que la séance du soir constituait la sortie de la semaine. Les façades étaient illuminées, les affiches occupaient les vitrines et, devant certaines salles, les spectateurs formaient une véritable file dans la rue.

Dans les années 1930, Avignon compte déjà plusieurs établissements importants. Le Palace, le Palladium, l'Alhambra et l'Eldorado appartiennent notamment au paysage cinématographique de la ville. En 1932, l'arrivée du Capitole vient encore renforcer cette présence.

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Le Palace, cours Jean-Jaurès

Parmi tous ces établissements, le Palace occupe une place particulière.

Installé sur le cours Jean-Jaurès, à proximité de la gare, il devient l'une des grandes salles de spectacle d'Avignon. Le bâtiment est reconstruit à la fin des années 1920 et prend alors une dimension impressionnante.

Car à cette époque, un cinéma n'est pas nécessairement seulement un cinéma.

Le Palace possède une scène et accueille également des artistes. Fernandel, Raimu, Lucienne Boyer ou encore Alibert s'y produisent. Des tournées théâtrales passent également par la salle.

Le spectateur ne vient donc pas forcément uniquement pour voir un film. Une soirée au Palace peut associer spectacle, musique, artistes et projection.

Au fil des décennies, le Palace traverse toutes les grandes transformations du septième art, du cinéma parlant aux évolutions techniques de l'après-guerre.

Mais l'arrivée des multiplexes finit par modifier profondément les habitudes du public.

Le Palace ferme définitivement ses portes comme cinéma le 19 mars 2003. Pourtant, le bâtiment ne disparaît pas. Il poursuit sa vie culturelle sous une autre forme.

Lorsque les Avignonnais passent aujourd'hui cours Jean-Jaurès, ils peuvent donc encore voir l'ancien Palace.

Le cinéma n'est plus là, mais le bâtiment est toujours un témoin de cette époque.

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Le Palladium et le Rio, rue de la République

Il faut ensuite se diriger vers la rue de la République.

Au numéro 55 se trouvait le Palladium, ouvert en 1928. La salle fait partie des grands établissements cinématographiques de l'Avignon de l'entre-deux-guerres.

Le Palladium accompagne notamment l'arrivée du cinéma parlant et les transformations considérables que connaît alors l'industrie du film.

Mais le nom Palladium finit par disparaître. Le cinéma devient le Rio.

Pendant plusieurs décennies, le Rio accueille à son tour les spectateurs avignonnais. Le lieu connaît plusieurs transformations et finit par fonctionner sous la forme d'un complexe de plusieurs salles.

La dernière séance a lieu en 1989.

Trois ans plus tard, en 1992, le bâtiment est démoli.

Aujourd'hui, il ne reste donc plus de façade permettant au passant de deviner qu'un cinéma occupait autrefois le 55 rue de la République.

Pourtant, pendant des décennies, cette adresse a été un lieu de rendez-vous pour les amateurs de cinéma.

Le Capitole, rue Pourquery-de-Boisserin

Un autre nom reste profondément associé à l'histoire du cinéma avignonnais : le Capitole.

Il ouvre en 1932 au 3 rue Pourquery-de-Boisserin, avec une capacité impressionnante d'environ 1 750 places.

À son ouverture, le Capitole est l'un des grands cinémas de la ville. Sa taille témoigne du développement spectaculaire du cinéma populaire durant l'entre-deux-guerres.

Mais son histoire commence par un événement dramatique.

Le 9 septembre 1941, un incendie détruit presque entièrement le bâtiment.

Le cinéma est cependant reconstruit et rouvre en 1943, avec environ 1 500 places.

Après la guerre, le Capitole retrouve une place importante dans la vie culturelle d'Avignon. Les grandes productions françaises et américaines attirent des milliers de spectateurs et certaines projections deviennent de véritables événements.

Avec le temps, la salle évolue elle aussi. Dans les années 1970, elle est transformée en complexe de plusieurs salles.

Mais le cinéma du centre-ville finit par subir la concurrence des nouveaux complexes périphériques.

Le Capitole ferme définitivement comme cinéma en 2013.

Le bâtiment connaît ensuite une nouvelle vie culturelle avant de devenir La Scala Provence.

Ainsi, rue Pourquery-de-Boisserin, un lieu consacré aujourd'hui au spectacle vivant conserve encore la mémoire de l'un des plus grands cinémas qu'Avignon ait connus.

 

Le Paris, rue Henri-Fabre

Mais il serait impossible de raconter l'histoire des cinémas disparus d'Avignon sans évoquer le Paris, situé au 5 rue Henri-Fabre.

Cette salle appartient à une génération plus récente que les grands palaces de l'entre-deux-guerres.

Pendant des années, les Avignonnais connaissent cette adresse comme celle d'un cinéma. Le Paris fait partie de ces salles qui ont entretenu la vie cinématographique du centre-ville alors que les grands établissements historiques commençaient progressivement à évoluer.

L'histoire du lieu est d'autant plus intéressante que le bâtiment n'a pas disparu.

Le cinéma a simplement changé de vocation.

Le 5 rue Henri-Fabre est aujourd'hui occupé par le Théâtre Le Paris, devenu un lieu important du spectacle vivant et du Festival Off d'Avignon.

Ainsi, comme pour le Palace ou le Capitole, le public continue de franchir les portes d'un lieu qui a connu une première vie consacrée au cinéma.

Pour les anciens Avignonnais, l'adresse évoque cependant toujours une salle obscure, des affiches de films et les soirées passées devant le grand écran.

L'Eldorado devenu le Vox

Et puis il y a celui qui a résisté au temps.

Place de l'Horloge, au numéro 22, le Vox poursuit encore aujourd'hui son activité.

Mais lorsqu'il ouvre ses portes en 1922, il porte le nom d'Eldorado.

Le lieu appartient donc à cette première génération de cinémas qui ont contribué à installer durablement le septième art dans le paysage avignonnais.

Au fil du temps, l'Eldorado devient le Vox.

Sa situation au cœur de la ville lui donne également une relation particulière avec la vie culturelle avignonnaise. Le cinéma et le théâtre s'y côtoient, notamment pendant le Festival d'Avignon.

Des figures importantes du théâtre français, comme Jean Vilar et Gérard Philipe, ont fréquenté le lieu.

Aujourd'hui encore, le Vox accueille des spectateurs.

Il constitue ainsi un lien direct entre l'Avignon cinématographique du début du XXe siècle et celle d'aujourd'hui.

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Et les autres salles ?

Derrière ces noms désormais bien identifiés se cache une histoire encore plus vaste.

L'Alhambra, notamment, faisait partie des salles exploitées à Avignon dans l'entre-deux-guerres. Comme le Palace, le Palladium et l'Eldorado, il appartenait alors au réseau de salles développé autour de la famille Pezet.

Mais contrairement au Vox, au Palace ou au Capitole, son souvenir est aujourd'hui beaucoup moins visible dans la ville.

C'est justement ce qui rend l'histoire des anciens cinémas avignonnais particulièrement intéressante.

Certains ont laissé un bâtiment facilement identifiable. D'autres ont été transformés. D'autres encore ont totalement disparu, au point que le passant peut aujourd'hui traverser leur ancien emplacement sans imaginer qu'une salle de plusieurs centaines de places s'y trouvait autrefois.

Quand le cinéma était au cœur de la ville

En réalité, l'histoire des cinémas d'Avignon raconte aussi celle de la transformation de la ville.

Pendant une grande partie du XXe siècle, les salles se trouvent dans les quartiers centraux. Le spectateur vient au cinéma à pied ou en transports en commun. Il se promène dans les rues, fait quelques achats, retrouve des amis et peut prolonger la soirée dans un café ou un restaurant.

Le cinéma fait partie de la vie urbaine.

Puis la voiture change progressivement les habitudes.

Les spectateurs viennent de plus loin. Ils recherchent des parkings, davantage de salles et davantage de séances. Le modèle du multiplexe s'impose progressivement.

L'ouverture du Pathé Cap Sud en 1995 marque une étape importante dans cette évolution.

À partir de cette période, les anciennes salles du centre-ville connaissent de plus en plus de difficultés.

Le Palace finit par fermer.

Le Rio avait déjà disparu.

Le Capitole résiste encore avant de fermer à son tour.

Le Paris abandonne également le cinéma.

Le centre d'Avignon perd ainsi progressivement une partie de ses grandes salles obscures.

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Des cinémas qui ont changé de vie

Pourtant, quelque chose de ces lieux demeure.

Le Palace est devenu un espace de spectacles.

Le Capitole a poursuivi sa vocation culturelle avant de devenir La Scala Provence.

Le Paris est devenu un théâtre.

Et le Vox continue, lui, à projeter des films.

Ces transformations racontent finalement une chose assez simple : les bâtiments ont parfois survécu aux modes et aux changements économiques.

Ce qui a véritablement disparu, c'est une certaine manière d'aller au cinéma.

Une époque où l'on se donnait rendez-vous devant une façade illuminée, où l'on faisait la queue sur le trottoir, où l'on connaissait le nom de la salle et où une sortie au cinéma pouvait représenter le grand événement de la semaine.

Aujourd'hui, lorsque vous passez cours Jean-Jaurès, rue de la République, rue Pourquery-de-Boisserin, rue Henri-Fabre ou place de l'Horloge, vous traversez donc une partie de cette histoire.

Il suffit simplement de savoir ce qui se trouvait là.

Pendant plusieurs générations, les Avignonnais sont entrés dans ces bâtiments pour rire, pleurer, trembler, rêver et découvrir le monde sur un écran.

Palace, Palladium, Rio, Capitole, Paris, Eldorado, Vox…

Des noms qui ont changé, des salles qui ont disparu, mais une même histoire : celle d'une ville qui, pendant près d'un siècle, a vécu au rythme de ses cinémas.

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